Questions d’êtres

Teihard de Chardin et Jung-Descartes

dimanche 10 septembre 2017 par JMDevals

{{Jung et Teilhard de Chardin : tentative de réponse à un anonyme

Je réponds volontiers à un récent commentaire (1) tout en précisant que je ne suis ni philosophe ni psychanalyste mais un simple "curieux" qui navigue au gré de ses lectures et de ses réflexions. Il faut donc dissocier mon ressenti des textes originaux auxquels je renvoie. Ce que je livre résulte uniquement de ma compréhension (sinon discutable du moins à discuter).

1- sur la noosphère :

Teilhard estime que les pensées positives et la quête affirmée du Christ (dont le "Christ en Soi") s’agrègent et forment une sorte d’égrégore (le noos) susceptible, par son influx,de transformer le monde.

Cette noosphère est, en quelque sorte, un réceptacle vivant pour le "Christ Cosmique" (qui dépasse - c’est ainsi que je l’entend- la figure de Jésus ).

Cette approche "mondialisée" et œcuménique lui valut d’ailleurs, au départ, la méfiance de l’Église (avant Vatican II). Une remarque toutefois qui m’est venue à l’esprit en lisant Teilhard de Chardin : il donne le sentiment que ce processus peut se concrétiser dans le court/moyen terme soit quelques vies humaines. Alors même que ce processus me paraît (mais c’est seulement mon interprétation) relever du très long terme. Quoi qu’il en soit je pense que notre monde globalisé est probablement une étape dans le long chemin qu’a à parcourir durant des siècles voire des millénaires notre Humanité.

2- sur la notion de "Dieu le Père" :

Je n’ai employé cette expression qu’entre guillemets pour distinguer la notion de Christ (incarné sur la Terre) et celle d’un Dieu créateur de l’ensemble de l’Univers. Jung distingue bien la figure du Christ (dont l’Homme perçoit en lui la forme archétypale lorsqu’il parvient à entrer en contact avec son Soi). De manière plus précise, Jung distingue Yahvé (Le Dieu ambivalent) et le Christ (le Dieu Bon ). Mais si l’on se réfère au Nouveau Testament, Jésus nomme le Dieu créateur "Mon Père". C’est donc pour cela que j’ai repris cette dénomination.Cela dit, vous avez tout à fait raison de vous interroger sur la dénomination de Dieu "le Père" car elle est difficilement conciliable avec le Dieu juste/injuste et aussi compatissant/vengeur de l’Ancien Testament.

Je livre à votre réflexion (et à celle de ceux qui liront ce post ) une interrogation (qui est aussi la mienne) : J’ai indiqué ci-dessus que Teilhard de Chardin lorsqu’il parle du Christ -et de la noosphère- évoque, en une sorte de Parousie, la venue du Christ Cosmique (porté notamment par la noosphère mais aussi dépassant notre simple Terre).

Cela nous mène bien loin : il faut en quelque sorte jongler avec nos microscopes et nos télescopes...

Ne prenez pas mon interprétation comme doctrine, mais seulement comme modeste essai de compréhension à partir des réflexions de Jung et de Teilhard de Chardin qui, à mon sens, se donnent la main : celle d’un Jésuite paléontologue qui possède le recul nécessaire (le télescope) et un médecin psychanalyste qui a consacré sa vie à étudier (avec un microscope ) les images de notre inconscient (en quelque sorte l’ADN de notre Humanité). Tout comme nous regardons à la loupe ce qui , par exemple, se passe en Afrique et au Moyen-Orient (on tue souvent au nom de Dieu...).

{{C.G. JUNG : par delà le Bien et le Mal ?

En ce jour de Pâques , j’essaye de mettre en relation le message du Pape Benoît XVI et ce que j’ai lu (et compris ?) de la pensée de C.G. Jung. Le Saint Père indique dans son message : "La matière première du monde est bonne, l’être même est bon. Le mal ne provient pas de l’être créé par Dieu, mais existe en vertu de la négation".

Cela ramène à la distinction du Bien et du Mal , distinction qu’opère Jung entre le Dieu "Suprême" et le Christ. Dieu , selon lui, ne serait pas intrinsèquement "bon" mais une force dynamique intégrant les opposés , le positif et le négatif. Le négatif serait ainsi inclus dans "Dieu le Père" qui n’aurait pas "conscience " de la distinction Bien/Mal.

En revanche, le Christ, émanation de Dieu, s’est incarné et lutté pour se défaire de sa part "d’ombre" (la force négative du Soi). Ainsi le Christ - toujours selon Jung et selon ma compréhension - serait un "Dieu Bon" à la différence de JHVH qui ne le serait pas exclusivement . Je reprends deux passages d’une lettre de Jung (27 mars 1954 in "Le Divin dans l’Homme, Ed. Albin Michel 1999, p.317 et suivantes).

1- " De quel Dieu voulez-vous parler : celui du Nouveau Testament ou celui de l’Ancien Testament ? Ce dernier est paradoxal, bon et démoniaque, juste et injuste, tandis que celui du Nouveau Testament est défini comme parfait,bon, le Summun Bonum même.Il n’y a rien de ténébreux ou de démoniaque en lui."

2- "Un Père entièrement bon semble être peu probable ; ce qui est une constatation difficile à admettre, c’est que le XP (le Christ) lui même s’est efforcé de réformer son père".

A la lecture de Jung on est en droit de s’interroger sur l’ambivalence de la Création.

Si l’Homme est créé à l’image de Dieu il lui reste un long cheminement à faire (vers la noosphère de Teilhard de Chardin ? ) et une croix encore bien lourde à porter.

Mais, évidemment, Jung n’est pas le messie...

{{Descartes : pas si '' logique '' ! une autre dimension de l'homme....

René Descartes est considéré par beaucoup comme le "maître" de la logique. On dit facilement que nous sommes "cartésiens" c’est-à-dire que nous raisonnons par induction, pas à pas.

Tout écolier connaît la maxime de Descartes : "Je pense, donc je suis". Cela semble mener à une sorte de constat relevant d’un rationalisme matérialiste.

Je n’en suis que plus heureux d’être "tombé" sur ce passage dont il me semble que le " je suis" devrait s’écrire : "Je suis "puisqu’il se réfère à une dimension transcendantale de l’Homme, je cite :

"Bien que j’aie un corps très étroitement lié à moi,puisque, d’une part, j’ai cependant une idée claire et nette de moi-même,dans la mesure où je suis une chose pensante, et que j’ai,d’autre part, une nette idée du corps, dans la mesure où c’est une chose étendue et non pensante, il est certain que je (c’est-à-dire l’âme , par laquelle je suis ce que je suis) suis réellement distinct de mon corps et peux exister sans lui."

Des philosophes (dont je ne suis pas ) pourraient dire que cela n’est pas nouveau et que j’enfonce des portes ouvertes depuis longtemps. Certes, mais je me sens mieux en le lisant et en le disant !


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